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Il était une fois la Sécurité Sociale…

Il flotte dans l’air toute l’atmosphère de Noël, des soirées au coin du feu à conter des histoires… C’est peut-être la raison pour laquelle j’avais envie de parler d’histoire et d’histoires. Il y a quelques mois, je prenais connaissance avec le travail de Cécile Girardin et son intriguante « agence d’écriture ». Entre autres projets passionnés et passionnants (création d’un jeu de l’oie géant, écritures de livres,contes et pièces de théâtre), Cécile a travaillé sur un Storytelling pour la Caisse Primaire d’Assurance Maladie des Deux-Sèvres (Niort).

C’est une initiative de la CPAM que je trouve très intéressante, car c’est ce fil narratif dont les assurés, les citoyens ont besoin pour s’approprier le système et le faire leur. L’interview de Cécile, conceptrice-rédactrice, auteure, directeur artistique, est à ce sujet très engageante… Alors, quelle histoire pour la santé ?

Pour en savoir plus sur cette initiative : lisez la 4e de couverture du livre à paraître…

A trop raconter des histoires, n’oubliez pas de nous raconter la vôtre. Qui êtes vous ? Comment nous expliqueriez-vous le métier de « raconteur d’histoire » ?

Je suis une historienne de l’art qui aime se balader dans les entreprises, aller à la rencontre des salariés et des patrons. J’aime qu’ils me racontent leur vie !

Non, sérieusement, je pense que les choses racontées ont plus d’impact que lorsqu’elles sont simplement énumérées. Le storytelling permet de donner du sens aux évènements. Je ne suis jamais loin de ma formation universitaire d’historienne : le contexte de l’information est important. Mais j’ai cette fantaisie et ce souci du lecteur qui me pousse à tendre vers une écriture dynamique et évocatrice des faits. Un exemple. Le discours des vœux d’un PDG fait partie de mes « sources ». Or redonner dans le livre le texte tel qu’il est n’a pour moi aucun intérêt, puisque tout le monde l’a déjà entendu, enfin pour ceux qui écoutaient… Si le patron parle des projets de l’année future, comme une construction par exemple, je préfère assister à la réunion avec l’architecte. L’impact est différent. Je concrétise les idées en me servant du quotidien de l’entreprise. Parler des idées sans les confronter à la réalité est contre productif. Tout l’intérêt de mes histoires est de lier le monde des idées à celui du terrain.

Vous avez entrepris un storytelling avec la CPAM de Niort… Qu’a-t-on à dire d’une CPAM ?

 

Assurance Maladie, ses valeurs dans un livret - crédit Eric Chauvet

La CPAM de Niort m’a commandé un livre à l’occasion d’un emménagement dans de nouveaux locaux. Comment la Sécurité Sociale s’était-elle installée en 1945 à Niort ? Que sait-on sur les Assurances Sociales en 1930 dans les Deux-Sèvres ? Et avant ces lois, quelle était l’action de l’État en matière de santé ? Mais, encore une fois, au-delà des lois, des faits, comment les choses se sont-elles mises en place sur le terrain ? Une entreprise est faite d’hommes et de femmes, de salariés, d’élus. Qu’ont-ils fait à Niort pour concrétiser cette loi ? Le travail d’historien est considérable, des jours et des jours à lire les délibérations des conseils d’administration de la caisse, à croiser ces informations avec les mutuelles en place… sur le plan local et départemental. Un travail aussi de « journaliste » auprès des salariés d’aujourd’hui et d’hier pour comprendre le sens qu’ils donnent, donnaient à leur mission.

Qu’avez-vous aimé dans ce projet ?

Je suis toujours surprise de l’accueil que l’on me réserve dans les services. Les patrons, directeurs, salariés… ont envie de me parler, ils ont beaucoup de choses à dire sur leur travail, leur mission. Ils y réfléchissent plus qu’il n’y paraît et cela est plutôt une bonne nouvelle ! Et quel enrichissement personnel ! Je l’avoue facilement, le monde de la santé n’était pas un sujet historique que je maîtrisais. Mais j’aime rentrer dans le vif du sujet par une immersion totale, comme une plongée dans les archives ou dans les services. Et puis, après, j’ai l’impression de tricoter, de relier les informations les unes aux autres.

 

Pour vous, de quelle histoire devrait-on égayer le monde de la santé ?

Je crois qu’il manque une histoire simple de la santé ! Le système est complexe et on s’y perd. À tel point que j’ai pu entendre de la part d’assurés que « la Sécu c’est gratuit ! » Remarquez, cet assuré-là, je pourrais le suivre dans sa découverte d’une caisse primaire…

J’ai connu votre travail via un tweet lors de la conférence Health 2.0 Europe. A votre avis, quel fil lie la Sécurité Sociale à ses débuts et aujourd’hui le tournant 2.0 qui s’amorçe ?

En 1945, les conseils d’administration étaient composés pour 2/3 de représentants des salariés et pour 1/3 des représentants des employeurs. En 1947, le 24 avril, ont lieu les premières élections à la Sécurité sociale. Le projet politique ambitionnait la gestion des caisses par les intéressés eux-mêmes. En 2010, je me demande si le Web 2.0 ne peut pas rendre les assurés « intéressés » ?! Soixante-cinq ans ont passé et on mesure l’écart entre « l’instrument de solidarité » (selon une expression de Pierre Laroque, directeur général de la Sécurité sociale de 1944-1951) et notre accoutumance détachée à la formule souvent répétée depuis 1963, « trou de la Sécu ». Le Web 2.0 a cette capacité de mobiliser, de créer du lien, de redonner du sens et d’adopter un ton nouveau. À votre question, quel fil lie ? J’aimerais bien répondre les « intéressés eux-mêmes ».

Et pour nous enchanter un peu, quelle est la mission la plus sympathique que vous avez accompli en storytelling ?

Dans mes propos, j’ai associé le storytelling à l’entreprise, or on m’a demandé de donner une âme à une marionnette géante que des artistes s’apprêtaient à fabriquer pour un quartier défavorisé. J’ai écrit un conte et cette marionnette existe depuis deux ans maintenant, elle s’appelle Galuchette. J’ai travaillé avec un illustrateur pour éditer le livre de conte. J’ai raconté le quartier à travers elle. Elle est aujourd’hui la mascotte du quartier…

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Merci  beaucoup Cécile pour cette interview, et très beaux projets pour la suite de votre agence d’écriture ! Chers lecteurs, je vous conseille de lire son site et ses travaux, qui moi me font envie, m’enchantent même et me prêtent à rêver…

http://www.cecile-girardin.fr/

Ce que j’ai aimé : « je suis toujours surprise de l’accueil que l’on me réserve dans les services. Les patrons, directeurs, salariés… ont envie de me parler, ils ont beaucoup de choses à dire sur leur travail, leur mission. Ils y réfléchissent plus qu’il n’y paraît et cela est plutôt une bonne nouvelle ! Et quel enrichissement personnel ! Je l’avoue facilement, le monde de la santé n’était pas un sujet historique que je maîtrisais. Mais j’aime rentrer dans le vif du sujet par une immersion totale, comme une plongée dans les archives ou dans les services. Et puis, après, j’ai l’impression de tricoter, de relier les informations les unes aux autres.
Sécurité sociale et web 2.0  :  en 1945, les conseils d’administration étaient composés pour 2/3 de représentants des salariés et pour 1/3 des représentants des employeurs. En 1947, le 24 avril, ont lieu les premières élections à la Sécurité sociale. Le projet politique ambitionnait la gestion des caisses par les intéressés eux-mêmes. En 2010, je me demande si le Web 2.0 ne peut pas rendre les assurés « intéressés » ?! Soixante-cinq ans ont passé et on mesure l’écart entre « l’instrument de solidarité » (selon une expression de Pierre Laroque, directeur général de la Sécurité sociale de 1944-1951) et notre accoutumance détachée à la formule souvent répétée depuis 1963, « trou de la Sécu ». Le Web 2.0 a cette capacité de mobiliser, de créer du lien, de redonner du sens et d’adopter un ton nouveau. À votre question, quel fil lie ? J’aimerais bien répondre les « intéressés eux-mêmes ».

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Classé dans Communication & RP, Maux qui parlent et mots qui soignent

« Parlez en avec votre médecin » : Les Antibiotiques (2)

Je vous parlais dans le post précédent de la campagne Antibiotiques de l’Assurance Maladie. Dans son dispositif presse (insertion publicitaire), une phrase m’a particulièrement interpelée. On lit en effet, à la fin de leur résumé : « Ecoutez votre médecin ».

On connait tous la phrase « Parlez en à votre médecin« , expression usuelle de clôture d’une communication ou publicité sur le médicament et la santé. Un peu comme « Mangez 5 fruits et légumes par jour ». D’ailleurs, je me demande si elle a été rendue obligatoire par légifération, auquel cas dans quel cadre… à creuser. De façon tout à fait intéressante, cette phrase dont nous avons tous fait l’expérience invite à la fois à contourner les risques encourus par l’automédication et surtout à entamer un dialogue avec son médecin. Cela constitue une première évolution face à une profession et à un rôle auparavant considérés comme autoritaires et paternalistes. Et ce rôle incarné était emphasé par la peur qu’a le patient d’un vocabulaire scientifique qu’il ne partage pas, d’où une sortie de consultation souvent dominée par l’incompréhension. Bref.

Ce rôle de dialogue a encore été mis en exergue  quand ladite phrase a naturellement évoluée en « parlez-en AVEC votre médecin« . D’un coup, on envisage dans sa relation avec son médecin un peu plus d’interactivité. Le médecin est aussi appelé à écouter son patient (normal), voire peut être de l’engager à parler (ça se corse). C’est le 2.0 de la consultation IRL (in real life).

Mais avec « Ecoutez votre médecin« , ma veine santé 2.0 a tressailli. Au moins. Était-ce un retour en arrière, un refus du dialogue, la remise en cause du e-patient ? Pourtant, après discussions, cette phrase responsabilise encore plus (mais au sens positif) le médecin, et va accompagner celui qui ne fait pas confiance au net et surtout pas au patient qui s’est informé sur internet. Ce médecin ne donne aucun crédit « à l’Internet » et est souvent, rappelons-le, souvent contredit, parfois à tort, par un patient sans nuances et mal informé. Passons sur la pédagogie manquante de cette histoire de confiance envers le net, cette phrase se situe comme un rappel à la vigilance de tous les acteurs entre eux. Et finalement pourrait peut-être, en redonnant au médecin la position qu’il recherche, poser les conditions d’écoute de chaque acteur pour un dialogue plus diplomatique…

De Parlez à Ecoutez, un recul ou une juste réorganisation des rôles ? Quel est votre avis ?

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Déclaration de conflit d’intérêts : Le commanditaire de cette campagne est mon employeur, mais vous invite à relire mon à-propos qui le désengage de mes écrits. De plus, je n’ai pas travaillé en amont de cette campagne.

Lire la suite, Armageddon en campagne : Les Antibiotiques (1)

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Classé dans Communication & RP, Jurimédication

Armageddon en campagne : Les Antibiotiques (1)

A la suite de « 007 », vous connaissez la section A ? C’est la nouvelle Business Unit de l’Assurance Maladie. Ces Ulysse revient du corps humain ont pour objectif de faire de la pédagogie sur le bon usage des Antibiotiques. Ne dites pas « Mission impossible » : la campagne précédente, que personne n’a oublié, a eu des effets très positifs. Ainsi, 40 millions de prescriptions d’antibiotiques ont été évitées depuis 2002, soit l’équivalent d’un hiver de prescription. Mais très vite, sans nouveauté ou réactualisation, l’impact s’efface. 2007 à 2009 enregistrent une nouvelle hausse de la consommation d’environ + 4 % par an. Aujourd’hui, citer ou sous-entendre cette campagne devient un réflexe automatique, pour preuves quelques pages Facebook

A partir de ces chiffres, le défi est de se renouveler du slogan précédent. Pour cela, un nouvel angle a été choisi : celui des résistances, un phénomène en accélération qui a pour conséquence de réduire l’efficacité des antibiotiques. D’où : « Les antibiotiques, si on les utilise à tort, ils deviendront moins forts« . Cet angle s’adresse donc au grand public, avec une importante tonalité « globale » : cela me concerne, mais concerne aussi mon entourage, ce qui est un levier fort pour les parents de jeunes enfants.

La campagne se décline de façon classique : spot TV, insertion publicitaire, RP. C’est le logo de la section A qui me rappelle plutôt Armageddon, et cette mythique scène où les sauveurs du monde entrent en ligne… « L’avion est prêt à partir, j’sais pas si j’pourrais jamais revenir… » Bref. L’univers de la campagne me plait bien, avec cette insertion microscopique dans une chambre d’enfant. Puisant dans l’imaginaire des enfants et leur humour, (version Toy Story qui s’anime la nuit) l’Assurance Maladie se renouvelle au niveau créa. Et avouez que le dinosaure du spot est plutôt impayable. En revanche, il y a une réelle interrogation sur la période de lancement (celle des maillots de bain, pas des grippes hivernales).

On me chuchote dans l’oreille que certains n’aiment pas le script, ni son slogan lexicalement parlant. Je ne pense pas en effet qu’il s’agissse d’un registre  de haut niveau, mais la créa est assez sympa pour qu’on s’y intéresse, d’autant plus qu’elle n’est pas destinée à un public excessivement pointu en ce domaine. Rappellons aussi que la précédente n’était pas non plus extraordinaire, mais elle est restée en mémoire – et c’est le réel objectif.

La campagne s’accompagne de bonnes initiatives d‘infiltration web, à noter car c’est un premier pas pour cet acteur (avec M’T Dents)… Mais c’est également ce que je lui reproche : encore une fois, c’est un média qui a été trop peu ou mal canalisé avec une page Facebook agrémentée de jeux. Reste à faire vivre cette page (ce 21 juin, aucune actualisation depuis le 9)  et laissons-leur un peu de temps avant d’analyser comment le discours est renouvelé pour continuer à recruter de nouveaux fans. Après, j’avoue bien m’amuser sur ces jeux ! L’idée de reprendre quelques connus à l’instar de Guitar Hero est bien sympa, et surtout je suis très agréablement surprise par la pédagogie par les jeux. A la base très sceptique, je trouve le message simple et clair, il passe donc facilement et demeure bien ancré (on ne peut agir que sur les bactéries, et on perd des points contre les virus). Après, la discussion est ouverte, notamment avec Buzz e-santé et Supergélule.

Cette campagne est particulièrement intéressante car annuellement très regardée et attendue dans les campagnes santé régulières. C’est un plus grand enjeu encore tous les trois pour les agences, puisqu’elle existe déjà depuis 2002 – en marché public triannuel.

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Agence : TBWA Corporate pour la Caisse Nationale d’Assurance Maladie (Cnamts)

Pour rappel : le slogan « les antibiotiques, c’est pas automatique », a été porté pour l’Assurance Maladie (Cnamts) par Australie et i&e.

Déclaration de conflit d’intérêts : Le commanditaire de cette campagne est mon employeur, mais vous invite à relire mon à-propos qui le désengage de mes écrits. De plus, je n’ai pas travaillé en amont de cette campagne. Remarquez, j’aurais bien aimé être engagée exclusivement pour battre des records à ces jeux et vous inviter à m’y rejoindre … ;-)

Lire la suite, « Parlez-en avec votre médecin » : Les Antibiotiques (2)

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Les listes du lundi : la communication, certes, mais pourquoi en santé ?

Le lundi annonce une semaine bien difficile. Ecrasés sous la tâche des choses à faire, la semaine parait longue (mais non moins sympathique !). Et pour ne rien oublier, comme tous, on fait des listes. La To-do liste, pour les hypes du vocabulaire franglais. Les listes de choses à faire, de choses drôles, de choses qui nous attendent, les listes de principes, les listes d’idées… Et la liste du lundi.

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Lundi 31 mai 2010 – La communication, certes, mais pourquoi en Santé ?

C’est une question qu’on me pose beaucoup en ce moment, sur les plans perso comme professionnel et j’ai le sentiment que ce n’est pas fini (ainsi que « où vous voyez vous dans 5 ans » mais grâce à Supergélule j’ai adopté un plan de carrière très bling-bling). Le choix paraît d’autant plus incompréhensible que je suis (beaucoup) plus littéraire que scientifique. Voici mes principales raisons, sur pourquoi travailler dans la santé. J’adorerais connaître les vôtres, que vous pouvez ajouter en commentaire à cette page !

  • Evidemment, premièrement, et en absolue priorité : la finalité de ce travail n’a rien de comparable à celle de vendre de la lessive qui lave plus blanc.
  • C’est universel et personnel à la fois, donc une discussion passionnante qui oblige très vite à parler de soi : beaucoup d’écoute et d’apprentissages de ses interlocuteurs.
  • C’est un milieu que je connais, sous nombreuses de ses facettes. (Je baigne dedans, l’ai-je déjà dit ?), dont je connais (et souvent partage) les acteurs et (une partie des) codes
  • Certes, c’est pas toujours glamour, et ça ne vend pas du rêve d’expliquer à ses amis le dernier sujet sur l’incontinence urinaire que lequel on a planché ces derniers jours, mais… que celui, après 72h d’immersion et de paraphrases sur le sujet, qui n’en a jamais ri se dénonce ! Et serait-ce interdit ?
  • Il y a un défi intellectuel, de vulgarisation scientifique, de chiffres, etc… Bref, quelque chose à mettre sous la dent d’un neurone isolé.
  • Mais également des questions sensibles, législatives, plus difficiles à résoudre, mais qui assurent à la fois d’un cadre et d’une satisfation décuplée lorsqu’une solution est trouvée !
  • Finalement, c’est surtout un milieu empreint d’une ambiance compréhensive et de vraies réflexions humanisantes.

Sur cette liste, je vous souhaite une très belle semaine.

Listement vôtre,

le Blogule rouge

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PR Sabre Awards 2009 et les Campagnes Santé

Depuis dix ans, les Sabre Awards sont décernés par le Holmes Group, et récompensent les meilleures campagnes et agences de Relations Publiques. Ô hasard imprévisible et bien tombé, leur remise pour l’Europe a eu lieu mercredi soir à Londres. Evidemment, les grandes agences mondiales font un point d’honneur d’y être présentées, au moins nominées. Fleishman Hillard, Burson-Marsteller, Edelman, Ketchum, Ogilvy, Weber Shandwick … (et  quelques nationales aussi).

Ce qui m’intéresse dans ces nominations, c’est d’abord la catégorie « Healthcare » bien sûr, mais également toutes les campagnes santé nominées dans d’autres catégories.

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PETITE REVUE EUROPEENNE (la liste complète des récompenses est disponible ici et celle des nominés ici) :

  • Quatre catégories concernent directement la santé

– Consumer Health : Sex Degrees of Separation (Lloydspharmacy with Citigate Dewe Rogerson)

– Pharmaceutical : Darling, What About Going to the Andrologist? A Female Approach to ED (Eli Lilly Italia S.p.A. with Ketchum Public Relations)

– Healthcare Providers : Decamerone Stockholm (Stockholm L äns Landsting with Prime PR)
– Medical Devices : Humanizing Innovation in Deep Brain Stimulation (Medtronic with Cohn & Wolfe)
Jusqu’ici, rien de bien nouveau dans les catégories. Même si j’avoue que j’aurais du mal à vous définir bien dans les formes ces quatre sectorisations.
  • Geographic Area
Certaines campagnes furent si pregnantes ou intéressantes qu’elles ont remporté l’awards dominant une région géographique ou un pays. C’ocorico, d’ailleurs.
– France (national) : Hepatitis B: Don’t Be the One to Pass it On (Bristol‐Myers Squibb with Fleishman‐Hillard)
Hé oui ! Dans la catégorie France, c’est une campagne santé disease awareness qui a été primée. Je vous en parlais d’ailleurs ici.
Cette campagne est en lien avec la campagne Are You Sharing More Than You Thought? (Bristol‐Myers Squibb with TogoRun) nominé dans la catégorie multi-country programm.
D’autres campagnes ont été nominées par aires géographiques.
– Mediterranean : Roche_ Mircera _Accordi in RE (Roche with Edelman)
– UK with Ireland (spécial gros budget – £100,000 in fees or more) : Alli UK Launch (GlaxoSmithKline Consumer Healthcare UK with Virgo Health). Visiblement moins controversé qu’en France…
  • Sans oublier les campagnes nutrition
A cheval entre la grande consommation (alimentaire) et la santé, les campagnes nutrition n’échappent pas au classement. Plusieurs ont été nominées dans diverses catégories, telles Integrated Marketing ou Food and Beverage.
  • Une image institutionnelle dominante pour les laboratoires pharmaceutiques
C’est finalement du côté de l’image institutionnelle, à savoir la communication corporate et RH que nous retrouvons particulièrement les laboratoires. C’est en effet un secteur où ils peuvent se permettre plus de liberté ; presque une cour de récréation (…ou pas), au contraire d’autres secteurs… Beaucoup de nominés, mais peu (aucun) de récompensés.
– Corporate reputation, corporate imageCommunication Strategy (Pharmaco Group with Flexi Communications) et AkademiKa (Sanofi‐Aventis with Medya Evi)
– Employee CommunicationPulse 2009 Employee Engagement Survey (Merck Serono)
– Executive Leadership : Merck Serono Executive Management Communications (Merck Serono)
On retrouve également la santé dans le secteur Crisis & Issues Management, dont je trouve la séparation avec le reste de la santé bien dommageable. La santé et le médical sont en effet un sujet sensible. Et s’il s’agit d’une communication de crise, la question se pose : faut-elle vraiment la primer, alors qu’il est bien connu qu’une bonne communication de crise doit être passée inaperçue ? Bref :
Advocacy / Crisis & Issues Management : Balancing the « Gooding Effect » (NHS Cancer Screening Programmes with hanover)
  • Des campagnes de prévention
Elles sont partagées entre les campagnes d’éducation publique et les campagnes du secteur public, par définition vers le grand public. Démarcation bien dommage à mes yeux car souvent en lien ! Dauphins non récompensés :
– Public education : Parkinson’s Disease Society Brain Bank Appeal (Parkinson’s Disease Society with Grayling) et Smoking in Pregnancy (Department of Health: Tobacco Control with Blue Rubicon)
– Public sector : More Donors, More Life: Developing Mass Voluntary Blood Donation in Russia (Ministry of Health and Social Development of Russia, Federal Medical Biological Agency with SPN Ogilvy)

  • Production de contenu
Le monde pharmaceutique y occupe une place considérable, témoignant d’un effort considérable en santé. On ne peut s’empêcher de penser au travail de vulgarisation scientifique qu’il implique en règle générale.
– Annual Report : Annual Reviews That Stay Off the Shelf (NHS Cancer Screening Programmes with hanover)
– External Publication : Récompensé, BEST Better Equipped for Starting Treatment (Bristol‐Myers Squibb with TogoRun) ; A Magazine (AkzoNobel with Pentagram Design)
– Digital Video : A New Look at Type 2 Diabetes (Boehringer Ingelheim with Ogilvy Healthworld Communications)
– Press Kit : Récompensé, Bringing Pain to Life: Delivering an Effective Launch Campaign for Targin (Mundipharma with Cohn & Wolfe)
– Poster / Calendar / Photography : Récompensé, Exposing the « Truth » Behind Psoriasis (Wyeth Pharmaceuticals with OgilvyHealth PR). C’est le second Award de cette campagne.
– Website : Hepatitis B Disease Awareness Website (Bristol‐Myers Squibb with TogoRun). Même campagne que précédemment, au niveau international et web. Et pourtant, bôf.
  • Communication extra-terrestre
– Specialist Audience, Marketing to women : Belgians Quit Smoking with the Help of Their GP (Pfizer with Ogilvy Public Relations Worldwide)
– Specialist Audience, Marketing to youth : Récompensé, Skindividual (Cancer Research with Unity). Parler de cancer aux jeunes, difficiles à toucher sur les questions de santé : cette dernière initiative est à mon avis à suivre.
  • Divers et Produits
On trouve également des campagnes avec questions de santé ou issues de laboratoires pharmaceutiques dans les catégories
Fashion & Beauty Creating La Demarcie de RoC (RoC – Johnson & Johnson, with The Red Consultancy)
Consumer Product : Récompensé, Healthy Hand Wash Campaign (Dettol with Edelman)
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Somme toute, la santé investit, ou plutôt peut investir et/ou impacter de très nombreuses sphères. Malheureusement, trop de catégories tue la catégorie, et il est difficile de s’y retrouver. Le petit mammouth géant qui n’a pas retrouvé sa maman l’attend (en pleurs) à la caisse… Sans oublier que la catégorisation de la campagne se fait directement par l’agence concernée dans son dossier de candidature, et je suis incapable de vous dire s’il y a vérification ou non des critères de classifications dans la suite du processus.

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Crédits photographiques : French Navy Sabre par Rama et A collection of drawn Star Wars lightsabers par Mark Jensen
Avec toutes mes excuses pour le mauvais jeu de mots et d’images, on dira pour l’excuser qu’il est assez conforme à ma principale préoccupation du moment !  Continuez à jeter un coup d’oeil à ce billet de temps en temps, il est possible que j’agrémente de liens vers les campagnes en question (tout de même).

Si vous êtes à l’origine d’une de ces campagnes, n’hésitez pas à nous la présenter et en donner quelques liens.

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19 mai : Journée mondiale des hépatites

Il était un foie, un joli petit minois très propre sur lui, soignant son image. Si son visage était abîmé, il le verrait, et le soignerait. Or, ce n’est pas toujours le cas quand le mal est invisible et ronge le foie. C’est l’histoire que nous raconte cette image.

Parmi les x journées mondiales de quelque chose, le 19 mai est la journée mondiale des hépatites : l’occasion de sensibiliser à ces pathologies. Une personne sur deux atteinte d’hépatite virale B ou C l’ignore, sur 300 000 patients estimés (soit 150 000 personnes à informer).

Il y aurait beaucoup à dire sur cette maladie silencieuse, mais je vous propose un focus sur la campagne d’affichage de la journée. L’opération est conduite par SOS Hépatites avec BMS (pour l’hépatite B) et Roche (pour l’hépatite C)  pour inviter au dépistage de l’hépatite. Parler de dépistage permet de ne pas communiquer (mais marketer) sur les traitements. Deux beaux exemples de disease awareness campaign sur les hépatites pour chacun des deux laboratoires, qui, pour gagner du soutien, s’allient à une association de patient.

Le visuel veut clairement choquer, pour interpeler et faire réagir. Ce qui m’intéresse le plus, dans cette affiche, c’est le « dépistez-vous« . Pas d’invitation, ou de « faites-vous dépister », non. Le message court va directement au but en invitant son public à être acteur de sa santé et de sa prévention. D’ailleurs, ça va dans la tendance non ? A noter : à l’occasion de cette journée, le lancement d’une campagne de grande envergure proposant des rendez-vous de dépistage près de chez soi, particulièrement dans les foyers d’infection plus importants.

Pour plus d’information et pour accéder à la liste complète des centres de dépistage anonyme et gratuit et des rendez-vous de dépistage évènementiels : www.soshepatites.org et www.hepbinfo.fr

Dépistez-vous - Journée mondiale des Hépatites 2010Agence de communication de Bristol Myers Squibb : Fleishman Hillard

Agence de relations presse et web de la journée du 19 mai 2010 : Presse & Papiers

Un souvenir des visuels de la journée 2009 avec SOS Hépatites et BMS, sur un ton tout à fait différent :

Pour leur première nuit, elle lui a offert l'Hépatite B Pour sa naissance, sa mère lui a offert l'Hépatite B

Pour leur première nuit, il lui a offert l'Hépatite B

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