En recherche d’inspiration…

Voici trois jolies campagnes santé sur le web. Ce sont trois campagnes évènementielles de communication sur le web.

Même si elles ne sont plus d’actualité, elles font encore référence dans le milieu, pour le buzz provoqué, la jolie plateforme qui a rassemblé une grande présence web, et leur ton décalé, bien rare pourtant dans le secteur.

<>

  • Bernard Meddoc (le LEEM avec Hémisphère Droit et Nextmodernity)

Date : octobre 2009

Pour préparer la 4e semaine du médicament du LEEM (les entreprises du médicament), sur le thème de la confiance dans le médicament, deux campagnes se sont mutuellement appuyées. L’une, classique, préparait les débats de la semaine et disposait d’espaces de discussion. La seconde a pris le contrepied de cette attitude, et a présenté le site d’un charlatan, vendeur de médicaments de contrefaçon. Bernard Meddoc, blouse rose, mèche de côté, suppositoires fluorescents, et un petit côté Dubosq « Pour toi public« , est né….

En pratique, le site www.bernard-meddoc.com (entreprise aujourd’hui desaffectée) rassemble les canaux de communication du Personnage :  TwitterFacebook, vidéos hébergés sur des sites de partage… Evidemment, il doit amener du trafic vers le site officiel de la semaine du médicament. Mais l’animation se poursuit de façon bien sympathique sur les réseaux sociaux, avec une attention très intéressante portée à sa communauté santé naissante, mais hélas un retour faible (156 fans Facebook, 122 followers Twitters). Et pourtant, je me suis bien amusée avec Bernard !

La campagne, beaucoup reprise, est drôle, décalée, mais surtout inattendue, tant sur le sujet que par son initiateur. On a beaucoup critiqué ce ton qui pour d’aucuns était inapproprié et avec peu de résultats pour l’opération finale, mais je pense qu’en utilisant les codes (humour ironique, voire cynique) et les canaux & medias de la jeune génération, il a été possible de l’intriguer, et de l’interroger même si elle n’était pas le public présent pour la semaine du médicament. Cela aurait pu être un dialogue sur le long terme avec ce jeune public. Pourtant, qu’en retient-on aujourd’hui ? Un souvenir sympathique, dans le meilleur des cas. N’aurait-on pu capitaliser sur cette communauté santé naissante ?

  • 1 minute pour en parler (Agence de la Biomédecine avec i&e)

Date : octobre 2009

L’agence de la Biomédecine à propos du don d’organes invite chacun à « en parler autour de soi ». D’où le titre de cette opération : vous prendrez bien « 1 minute pour en parler » avec un film d’une minute évidemment.

Le buzz (sa stratégie expliquée ici) est contruit autour de deux dispositifs viraux : une application Facebook avec quizz et partage de son avis, et un film viral. Le tout joliment orchestré entre la création d’une réelle communauté engagée en ligne et la mise en ligne d’un site (rose !) autour du clip animé, qui proposait intelligemment la possibilité de partage du film sur Facebook ou Twitter, des goodies (bannières, fonds d’écran et cartes postales).

Le buzz est bien repris, par la communauté ainsi créée et par les blogueurs. Le tout grâce au fait que le dispositif est sympa et rigolo (animation, ton léger), bien encadré (difficile de passer à côté) et surtout il sert une cause dite « noble », qui rassemble et engage. Hélas, aujourd’hui, feu le site n’est plus, et la communauté laissée à l’abandon. (pourtant, il me semble que le budget est toujours laissé à la même agence – à confirmer par des lecteurs concernés !)

  • Hypertensioman (Abbott avec Junium et DDB Ciel&Terre)

Je ne retrouve plus la date de cette campagne de marketing viral pour sensibiliser à l’hypertension artérielle, mais dans mes souvenirs, elle doit remonter à novembre 2009. J’ai hésité à la faire suivre aux deux précédentes, car elle est moins « une référence » mais elle est apparue à peu près en même temps que les deux précédentes avec un joli site, et surtout une vidéo qui a pour objectif d’amener du trafic.

Hypertensioman, un superhéros bedonnant aux échecs cumulés, prouve malgré lui que « le seul pouvoir que l’on ait est de consulter le site sur l’HTA ». L’idée est bonne, mais hélas pas complètement aboutie. Dommage que la signature soit si peu engageante (des bannières n’auraient-elles pas mieux marché ? Je vois d’ici le brief du client – soupir). En valorisant (améliorant) le ton humoristique recherché, elle aurait pu gagner en retombées (n’est pas clown qui veut…). La reprise du sujet est légère, certainement parce que peu adaptée à la cible. D’ailleurs, je doute qu’elle ait laissé de nombreuses traces…

<>

Aujourd’hui, je crois que malgré les critiques qu’on lui pose la campagne Dos au mur sur la spondylarthrite ankylosante (Société Française de Rhumatologie et Pfizer avec Pouvoir Public) a joliment pris la relève, notamment en termes de retombées.

Je tâcherais de vous poster d’autres sites sympa de communication santé, et des campagnes reprises sur le web avec des initiatives participatives.

10 Commentaires

Classé dans Communication & RP, Web Santé

10 réponses à “En recherche d’inspiration…

  1. Pingback: Tweets that mention En recherche d’inspiration… « le Blogule rouge -- Topsy.com

  2. Papier très intéressant. Si vous recherchez d’autres examples pour inspiration, visitez http://adpharm.net, le site avec le plus d’examples de publicités médicales et pharmaceutiques sur le Web.

  3. Pingback: Looking for inpiration… Le blogule rouge at AdPharm Blog

  4. Concernant une minute pour la transplantation, quand j’avais vu le truc j’avais failli poster dessus et je m’étais retenu. L’ABM avait fait des trucs assez mauvais, mais là elle touchait le fond. Le film est très mignon pas de doute de la très bonne communication. Mais je suis choqué qu’on puisse mentir à ce point aux gens sur un sujet aussi grave, croire qu’en une minute on règle ce problème est une vaste connerie. Si ma femme me dit je ne veux pas qu’on me prélève en une minute, je ne suis pas sur que je ne dirai pas oui quand même, car que veux dire une décision aussi grave prise en une minute? rien. C’est une décision compliquée ça parle de la mort de la vie, de notre rapport au monde et ça ça ne prend pas une minute pour en parler. Je ne connais pas le concepteur du truc, mais je me demande si il imagine ce que c’est que la mort d’un proche. La desinvolture ne me semble pas être la bonne approche. D’ailleurs en france depuis 15 ans le pourcentage de refus des familles n’a pas diminué voir il augmente et en 2009 pour la première fois le nombre de greffe a diminué en france.
    Je ne crois pas qu’une telle campagne améliorera les choses. Quand on prend les gens pour des abrutis ils cous le rendent bien…

    • La complexité de cette décision ultra-personnelle, c’est une vérité qu’on ne pourra pas te nier. Mais je me permets de nuancer tes arguments. D’abord vis à vis de la campagne. D’une part, cela ne s’adressait certainement pas à un public aussi averti, mais qui au contraire n’a jamais été confronté à la question de la greffe d’organes autour de soi. A partir de là, il s’agit de les faire réagir et de leur donner une occasion d’en parler. C’est un sujet, justement parce qu’il est grave, qu’on place difficilement entre le fromage et le dessert. Voir ce clip, ou un spot TV de l’ABM permettait de commencer une discussion sur le sujet. 30 secondes de pub + dire « je ne sais pas ce que je veux faire de mes organes, et toi » = 1 minute. La discussion s’ensuit. D’autre part, il ne s’agissait pas fondamentalement de faire choisir pour le don d’organe, mais essentiellement d’amener à l’échange, à la discussion, mais surtout à prévénir ses proches de sa décision. Afin de leur éviter d’avoir à prendre cette décision dans des circonstances difficiles. La communication pour le don d’organes ne vient pas de l’ABM, mais d’associations du type France Adot.

      • kyste

        Justement si le public n’est pas averti, il ne faut pas lui présenter le truc en disant, c’est une décision qu’on prend en une minute.
        C’est toujours le problème avec la communication ou la publicité, quand on critique, la réponse est toujours mais les gens sont plus intelligents que ça et savent faire la part des choses. Ce a quoi je réponds alors pourquoi dépenser des fortunes en pub si ça ne marche pas et que les gens sont adultes et résiste facilement à l’argumentaire?
        Cette campagne montre juste que ce n’est pas un sujet très important, si en une minute je peux le faire le choix, c’est rien, c’est léger… Finalement pas besoin de discuter.
        Les mots ont un sens, toujours, même si notre société les dévalorise et je persiste à dire que ce genre de campagne ne rend pas service aux dons d’organe. Il me semblerai plus intelligent de poser la question pour 90% des français sont prêt à donner et seulement 70% dans les faits acceptent qu’on prélève les organes d’un proche… C’est je pense un meilleur starter de discussion que en une minute c’est réglé.
        Je ne suis pas un spécialiste de la com, mais un simple néphrologue de base.

      • Certes oui, les mots ont un sens ! Mais c’est là le plus drôle, c’est que chacun ne met pas le même sens derrière, et même que leur sens s’altère en fonction de la phrase, du texte, et du contexte. Bref, sémiologie quand tu nous tiens.

  5. Très bon billet encore une fois ! J’avoue avoir bien aimé aussi la campagne Bernard Meddoc mais c’est vrai que le message n’a pas été porté au niveau qu’il aurait pu être…Un bon exemple pour ne pas commettre les mêmes erreurs.

    • Merci ! Je pense que fondamentalement, Bernard Meddoc ne pouvait être poussé plus loin, et il se situait certainement à la limite des « loufoqueries », ou plus simplement du décalage que l’on pouvait supporter sur les sujets de santé. Le second degré a su être employé au maximum ! Mais il suffit d’une comparaison avec la campagne Realdanger de Pfizer pour mesurer le fossé avec les tendances habituelles de communication sur le sujet. Bernard Meddoc essayait peut être de prouver qu’on peut faire de la prévention par l’humour – et que peut-être, aujourd’hui, cela marcherait mieux que par la peur. Mais encore faut-il accepter ce ton et ce décalage. Enfin, je pense que ce qui l’a surtout empêché d’être développé, c’est une contrainte de temps : on commençait à peine à en parler quand il a disparu (démarrage lent ? Difficulté de visibilité ? ou manque d’engagement du public).

  6. 22 juin 2009, une nouvelle campagne pour la Journée nationale du don d’organes :
    http://www.dondorganes.fr/Pourquoi-une-Journee-nationale-de.html
    (même agence que précédemment – grande déception sur la campagne).

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s